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Cahiers Mycologiques Nantais N° 19 – juin 2007
LE MOT DU PRESIDENT…
Madame, Monsieur, Chers amis,
Lorsque l’été décline, nos souvenirs de mycologues se ravivent en même temps que prennent formes nos nouvelles espérances ; alors, nous scrutons le ciel impatiemment. Car il est évident que chaque année la météo est notre principale préoccupation. Depuis deux décennies, nous connaissons des saisons de plus en plus tardives et sèches, mais la nature reste maîtresse du jeu et nous octroie ses alternances, à sa guise…
En 2006 nous avons fait un bond de vingt ans en arrière. La pluie est arrivée tôt et abondante. Les périodes pluvieuses et ensoleillées ont alternées, nous apportant quantité de champignons, et la joie de la cueillette. Malheureusement, les intoxications n’ont pas tardé. Certaines restent bénignes, comme celle résultant de la consommation de « Leucoagaricus macrorhizus », espèce précoce largement présente dans notre région, confondue avec les rosés des prés ou les lépiotes blanches, mal identifiée par de nombreux pharmaciens. Ce champignon cause de forts désagréments gastriques, même si, jusqu’à présent, il n’y pas eu d’incident majeur. La prudence reste de mise. Autre espèce plus inquiétante : « Macrolepiota rhacodes variété bohemica ». Là, nous sommes en présence d’intoxications beaucoup plus graves quoique irrégulières, pouvant conduire jusqu’à l’hospitalisation. Malgré les nombreuses mises en garde lors des sorties mycologiques ou pendant le salon, nous constatons que cette espèce imposante, attirante, qui se développe en grande quantité, parfois en grosse touffe, dans les jardins, sur les tas de tontes de pelouse ou de détritus, occasionne des accidents de + en + fréquents. Sa ressemblance avec Macrolepiota rhacodes type ou procera (la coulemelle) la rend très engageante pour une dégustation. Pour nombre de personnes, il n‘est pas aisé de faire la différence, même pour de plus averties.
Fin octobre 2006, plusieurs empoisonnements très graves ont été signalés ; le centre anti-poison de RENNES a accueilli une dizaine de personnes souffrant d’ingestion de champignons toxiques. Largement développé dans les médias, cet événement a causé un grand émoi dans la région. Malheureusement, la non-information de la part des services hospitaliers n’a pas permis d’établir avec certitude les faits réels. Les bribes recueillies nous laissent à penser qu’il s’agissait probablement d’empoisonnements par Amanita phalloïdes, responsable de 90 % des intoxications en France. Confusion avec des lépiotes ? Possible. Pourtant ce genre d’évènement ne devrait pas exister si chaque consommateur respectait un principe simple : on ne consomme pas un champignon qui ne soit pas parfaitement identifié par un mycologue ou par un pharmacien.
D’autre part, il est regrettable que les associations mycologiques ne soient pas alertées dans ces cas d’intoxication et qu’une collaboration étroite ne soit pas établie avec le milieu hospitalier.
Je terminerais en saluant le retour parmi nous de notre ami Pascal RIBOLLET, après un intermède en Suisse ; il réintègre le conseil d’administration. Notons aussi l’arrivée au sein de l’équipe dirigeante de l’AMO, de Monsieur Pierre JOUANDET, pharmacien de La Chapelle-sur-Erdre, que nous accueillons avec plaisir. Bienvenue à tous les deux.
De nos jours où l’on parle quotidiennement de réchauffement de la planète et d’environnement, je vous invite à profiter pleinement de nos escapades dans les bois et forêts de notre région et surtout à respecter ces milieux fragiles qui nous apportent tant de joies.
Bonnes cueillettes à tous.
René Chereau
Le mot du président.............................................................................................................. 1
Sommaire............................................................................................................................. 2
L'AMO 1952-2007 une longue marche tranquille (Jacques Péger)...... 3 à 11
De la CAMO à la FAMO (Alain Bellocq)................................................. 12 à 15
Nectria decora espèce fongicole peu commune (Pascal Ribollet)......... 16 à 18
Calocybe hypoxantha var. occidentalis (Bernard Fréchet)....................... 19
Sarcodon glaucopus, une détermination difficile (Gilbert Ouvrard)..... 20 à 22
Encart photos couleurs............................................................................................... 23 à 26
Escale en Creuse (René Chéreau).................................................................. 27 à 29
A ne pas confondre (Gilbert Ouvrard)............................................................................. 30-31
Le genre Squamanita Imbach (Pierre Lejay).................................................. 32-33
Peziza pseudoammophila (Gilbert Ouvrard)..................................................... 34-35
Nos lichens sont utiles (Robert Boumier)...................................................................... 36-37
Détérioration des toits de chaume en Brière (Collectif)............................................... 38 à 40
Plantes toxiques VI (Alain Duval)................................................................................ 41 à 43
Expositions 2007 de l'AMO................................................................................................ 44
Manifestations 2007 du Groupe Mycologique Nazairien................................... 45
Récoltes intéressantes de l'année 2006 (compilation C. Maillard)........................... 46 à 48
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Association Mycologique de l’Ouest de la France
16, Boulevard Auguste Péneau - 44300 NANTES – CCP NANTES 1602-21 M
Correspondance : 16, Rue de la Guerche - 44830 BRAINS
Téléphone 02 40 32 65 10 – 06 89 77 79 20
Courriel : rene.chereau@wanadoo.fr
Nouveau SITE INTERNET: www.amo-nantes.com
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Cotisation annuelle
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2007 20 Euros |
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Droits d’inscription exigibles la première année (fourniture d’insigne et macaron) |
2007 5 Euros |
La carte est familiale |
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Cahiers mycologiques nantais – ISSN 1167-6663
Directeur de la publication : René CHÉREAU
Dépôt légal 2ème trimestre 2007
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Dessins |
Jacques Péger |
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Couverture |
Geopora sumneriana, photo J-Louis Maillard |
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Dos de couverture |
Russula albonigra, aquarelle de Jacques Péger |
Cahiers Mycologiques Nantais N° 19 – juin 2007
LA FÉDÉRATION DES ASSOCIATIONS MYCOLOGIQUES DE L’OUEST,
LA F.A.M.O. EST NÉE
Alain Bellocq, Président fédéral, 29 rue Villiers de l’Isle-Adam - 35000 RENNES
abellocq@free.fr
1960 : 11 sociétés dauphinoises et savoyardes fondent la Fédération Mycologique Dauphiné-Savoie (F.M.D.S.) devenue depuis 2005 la Fédération Mycologique et Botanique Dauphiné-Savoie. Tous les mycologues connaissent son bulletin de très grande qualité paru dès 1961.
1983 : La Coordination des associations mycologiques de la façade méditerranéenne se met en place. Elle devient la Fédération des Associations Mycologiques Méditerranéennes (F.A.M.M.) en 1986. Elle regroupe les sociétés du Languedoc-Roussillon, de la Provence-Côte d’Azur, la Corse ainsi que l’île de Malte. Elle participe à la Conférence Européenne de Mycologie Méditerranéenne (C.E.M.M.) à partir de 1993.
2001 : Les sociétés d’Alsace-Lorraine et Franche-Comté forment la Fédération Mycologique de l’Est. (F.M.E.).
Les associations mycologiques de l’Ouest, à l’initiative de Jean MORNAND, à l’époque Président de la Société Mycologique de France (S.M.F.), souhaitent aussi s’organiser. Une première réunion regroupant 28 personnes se tient au Mans en 2001 sous le nom de « Coordination des Associations Mycologiques de l’Ouest » : la C.A.M.O.
Depuis, chaque année, une rencontre a lieu un week-end d’avril dans un département différent : 2001 Le Mans (72) – 2002 Angers (49) – 2003 Braspart (29) – 2004 Piriac (44) – 2005 Montebourg (50) – 2006 Longeville (85) – 2007 Plœmeur (56).
Cette C.A.M.O. n’a rien d’officiel et, hormis le caractère sympathique de la manifestation, beaucoup de mycologues ne perçoivent plus l’intérêt d’une telle structure.
En 2006, René PACAUD, ayant pris la suite de Jean MORNAND comme coordonnateur, ne désire plus continuer et me propose de lui succéder.
Je décide alors, avec l’appui des présidents des principales associations mycologiques de l’Ouest et, en particulier René CHÉREAU, Président de l’Association Mycologique de l’Ouest, de créer une fédération : la Fédération des Associations Mycologiques de l’Ouest (F.A.M.O.).
Rien n’est simple car à cette époque, un projet de confédération est à l’étude chez les 3 fédérations déjà existantes. Certains membres du bureau de la Société Mycologique de France (dont je fais partie) émettent, à juste titre, des craintes quant à cette initiative de confédération. Régis COURTECUISSE est alors élu Président de la S.M.F. et, aussitôt, il désamorce les conflits. Il précise la position de la S.M.F. par rapport aux fédérations qui seront, désormais, représentées à son Conseil d'Administration. Rien n’empêche plus la création d’une fédération dans l’Ouest.
Une réunion préparatoire a lieu le 20 février au siège de l’A.M.O. avec presqu’une trentaine de participants dont Régis COURTECUISSE. Les principaux problèmes sont abordés avec une étude des statuts et du règlement intérieur. On discute du montant d’une cotisation, du partenariat avec la S.M.F. et de la parution d’une lettre d’information et (ou) d’un bulletin. On nomme les membres du bureau, du comité de lecture et les vérificateurs aux comptes.
Au moment où j’écris ces lignes, la fédération a été déclarée en préfecture de Nantes (le siège a été choisi au siège de l’A.M.O.) et nous attendons la parution au Journal Officiel.
Bureau de la FAMO
Président : Alain Bellocq (Mycologiades Internationales de Bellême)
Vice Président : René Chéreau (Association Mycologique de l’Ouest)
Secrétaire : Mikela Gérard (Société Mycologique de Rennes)
Secrétaire adjointe : France Ledoux (Société Mycologique de Rennes)
Trésorier : Jean David (Association Mycologique de l’Ouest)
Trésorière adjointe : Chantal Maillard (Association Mycologique de l’Ouest)
Animateur Fédéral : Gilbert Ouvrard (Association Mycologique de l’Ouest)
Vérificateurs aux comptes
Hubert Gervais (Groupe Mycologique Nazairien)
Jean-Noël Le Foll (Groupe Mycologique Nazairien)
Responsables du bulletin
René Chéreau (Association Mycologique de l’Ouest)
Brigitte Capoën (Société Mycologique des Côtes-d’Armor)
Comité de lecture
Régis Courtecuisse (Société Mycologique de France)
Pascal Hériveau (Association Mycologique et Botanique de Plœmeur - Morbihan)
Christian Lechat (Société Mycologique du Massif d’Argenson)
Gilles Mabon (Association Mycologique de l’Ouest)
Jean Mornand (Société d’Etudes Scientifiques de l’Anjou)
Gilbert Ouvrard (Association Mycologique de l’Ouest)
Jacques Péger (Association Mycologique de l’Ouest)
Jean-Louis Surault (Société Mycologique du Poitou)
Plusieurs commissions sont prévues dont une qui sera consacrée à l’histoire de la mycologie dans l’Ouest avec Pascal Hériveau.
Certains mycologues qui redoutent un élargissement trop grand du territoire couvert par la fédération de l’Ouest souhaitent, dans un premier temps, s’en tenir aux 15 départements qui assistent aux réunions C.A.M.O. Cependant, une ouverture vers la Charente-Maritime dont les mycologues participent à de nombreuses manifestations de l’Ouest est acceptée.
Le territoire couvert par la F.A.M.O. comprend donc 5 régions avec 16 départements (dont 9 maritimes).
Région Bretagne
Côtes-d’Armor (22), Finistère (29), Ille-&-Vilaine (35) et Morbihan (56)
Région Centre – Val de Loire
Indre-&-Loire (37)
Région Basse-Normandie
Calvados (14), Manche (50), Orne (61)
Région Pays de la Loire
Loire-Atlantique (44), Maine-&-Loire (49), Mayenne (53), Sarthe (72) Vendée (85)
Région Poitou-Charentes
Charente-Maritime (17), Deux-Sèvres (79), Vienne (86)
Quels sont les avantages de passer de coordination à fédération ?
- Une existence réelle vis à vis des collectivités et instances officielles.
- La possibilité d’éditer une lettre ou (et) un bulletin (au départ quelques pages dans le bulletin de l’A.M.O.).
- La mise en place, avec les universités, d’un diplôme de mycologie après une formation (5 universités sont favorables au projet : Angers, Caen, Poitiers, Nantes et Rennes).
- Une meilleure coordination des manifestations mycologiques de l’Ouest avec des sorties communes.
- Une collaboration efficace avec la S.M.F. et les trois autres fédérations.
- La création d’un site (actuellement une page du site de l’A.M.O. est réservée à la fédération).
Je souhaite que cette fédération garde un caractère convivial tout en permettant à la mycologie de l’Ouest de faire un grand pas en avant, en particulier dans les domaines de la prévention, de la formation et de l’information.
La F.A.M.O. est représentée à la Conférence Annuelle des Fédérations et Associations Mycologiques à Saint-Jean-la-Vêtre (42) les 11, 12 et 13 mai 2007.
L’assemblée générale est prévue à Erquy (22) en avril 2008.
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Vous pouvez contacter l’AMO par messagerie :
AMO - René CHEREAU : rene.chereau@wanadoo.fr
Claude BERGER : bergerclaude@club-internet.fr
Alain GOURICHON : alain.gourichon@wanadoo.fr
Gilles MABON : gilles.mabon@free.fr
Chantal MAILLARD : jlmaill@club-internet.fr
Gilbert OUVRARD : gilbert.ouvrard@orange.fr
Et la FAMO :
Alain Bellocq : abellocq@free.fr
Cahiers Mycologiques Nantais N° 19 – juin 2007
Nectria decora (Wallr.) Fuckel 1870,
espèce fongicole peu commune
Pascal Ribollet – 13, avenue de la Ferrière – 44700 Orvault
Résumé : L’auteur décrit une récolte de Nectria decora, puis présente et situe brièvement les genres Nectria et Calonectria au sein de la Division des Ascomycota.
Mots Clé : Ascomycètes, Pyrénomycètes, Calonectria decora, Nectria decora, Nectria massariae.
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Récoltes :
Des centaines d’exemplaires le 10 janvier 2006 sur branches mortes encore cortiquées de Acer rassemblées en tas, à Nantes (44), quartier de la Mulotière [MER 1223D11]
Macroscopie : (photos n° 1 et 2 p. 23)
Périthèces d’un diamètre de 0,2-0,3 mm, de forme ovoïde, crème pâle à jaune d’œuf, à sommet plus foncé tirant sur l’orangé, d’aspect tomenteux, agglomérés par groupe de (6) 10-25 (40) individus sur un subiculum blanchâtre discret. Croissance exclusive sur et autour des ostioles de vieux exemplaires de Massaria ssp., des pyrénomycètes dont le sommet affleure sous l’écorce de l’hôte [cf. photo de coupe].
Microscopie :
Spores : (20) 22-34 (38) x (5,5) 6,5-7,5 µm, de forme plus ou moins fusoïde ou naviculaire et élancée, droites ou à peine courbes, parfois légèrement tronquées à une extrémité, farcies de guttules (visibles dans H2O seulement). Rapport longueur/largeur (Q) très variable, compris entre 3 et 6,7, d’une moyenne de 4,6 (50 spores mesurées). Parois hyalines, finement et densément ponctuées de petites verrues ; 3 cloisons (exceptionnellement 5) apparaissent à maturité. Les spores sont le plus souvent bisériées dans les asques.
Note : on retrouve souvent dans la préparation microscopique des spores de Massaria, facilement reconnaissables à leur couleur noirâtre et à leurs grandes dimensions (vers 90 x 25 µm).
Asques : 90-110 x 13-20 µm, à stipe très court (jusqu’à 10 µm), à apex ne réagissant pas au réactif de Melzer, très difficiles à observer : probablement très fines, les parois sont pratiquement invisibles.
Paraphyses absentes, comme pour toutes les espèces de l’ordre des Hypocréales.
Poils recouvrant la fructification : 45-55 x 5 µm, hyalins, cloisonnés plusieurs fois, lâchement ponctués dans la partie haute.
Discussion :
Sans doute à cause de ses spores pluricloisonnées, cette petite espèce a « séjourné » dans le genre Calonectria De Not., baptisée Calonectria decora (Wallr.) Sacc en 1878, puis Calonectria massariae (Pass.) Sacc. en 1883, par allusion à sa croissance sur les vieux exemplaires du genre Massaria.
Au fil des découvertes de nouvelles espèces et des recombinaisons, la famille des Nectriaceae s’est enrichie de nouveaux genres. Paranectria et Pronectria (sur les lichens), Trichonectria, Nectriopsis (parasite des champignons ou des myxomycètes, présence d’un subiculum), Bryonectria (sur les mousses), Halonectria (sur les algues marines) et bien d’autres encore, sont porteurs de noms qui témoignent de leur parenté proche avec le genre Nectria. Ils restent cependant - jusqu’à nouvel ordre - distincts de Nectria, le plus souvent par leur habitat particulier ou par le cloisonnement des spores des espèces qu’ils regroupent.
Le genre Calonectria (le préfixe –calo signifie « joli ») fait partie de ce groupe : créé en 1887, il rassemble des espèces proches des Nectria aux spores munies de plus d’une cloison. Un critère plus récent (Rossman, 1979) est la présence du genre anamorphe (stade assexué) Cylindrocladium, agent pathogène des plantes tropicales. De plus, la couche externe des périthèces est faite d’une textura globosa assez grossière, d’où un aspect rugueux sous la loupe.
Dans le même temps, le genre Nectria s’est élargi et peut inclure, par exemple, des espèces aux spores pluriseptées comme Nectria pseudopeziza (Desm.) Rossman, placé avant 1979 dans les Calonectria.
Les deux genres semblent donc se confondre en partie, d’où les fréquents changements de noms subis par notre espèce.
Au sein des Ascomycota, on peut situer les genres Nectria et Calonectria comme suit :
* Pyrénomycètes (Sous-classe) : asques enfermées dans des poches, les périthèces.
* Hypocreales (Ordre) : corps fructifère de couleur vive, sans aspect « charbonneux » ; pas de paraphyses, appareil apical ne réagissant pas à l’iode.
* Hypocreaceae (Famille) : spores non filiformes.
* Nectria (Genre) : périthèces superficiels ou plus ou moins immergés dans le substrat, spores le plus souvent bicellulaires, anamorphes de genres variés.
* Calonectria (Genre) : périthèces rugueux ou sétuleux, superficiels et spores pluricloisonnées et anamorphe de genre Cylindrocladium.
Rappelons pour terminer que la croissance sur de vieux Pyrénomycètes n’est ni un critère générique, ni l’apanage de Nectria decora : d’autres espèces de ce genre (N. episphaeria, N. purtonii, N. leptosphaeriae…) viennent sur le même genre de substrat. Elle est par contre, à notre connaissance, le seul Ascomycète à coloniser de façon exclusive les vieux Massaria.
Bibliographie :
Baral, O. 2002 - CD-ROM Ascomycètes I, fichier HB6610a.
Beenken, L. 1997 - Nectria decora (Wallr.) Fuckel und ihre Anamorphe Fusarium ciliatum Link, sporophage Parasiten auf Massaria inquinans – Mycologia bavarica 2 :48-60.
Saccardo, P.A. 1878 - Enumeratio Pyrenomycetum Hypocreaceorum hucusque cognitorum systemate carpologico dispositorum - Michelia, 1(3): 277-325.
Cahiers Mycologiques Nantais N° 19 – juin 2007
Calocybe hypoxantha var. occidentalis M. Bon 1988
Bernard Fréchet – Kermoret – 44410 ASSERAC
Etude de 2 récoltes effectuées au début de cette année sur la commune de Mesquer-Quimiac, à une quinzaine de mètres de la plage de Lanséria, sous Cupressus macrocarpa (Cyprès de Lambert) sur sol sableux et sous une épaisse litière d’aiguilles de cyprès. Les carpophores n’étaient pas apparents à l’air libre ; ils formaient de petits monticules sous la couche d’aiguilles.
- 7 exemplaires le 15 janvier 2007
- 4 autres le 14 février présentés lors de notre réunion hivernale du 18 février.
Description : (photo 3 p. 23)
Chapeau : convexe et relativement charnu, presque plan avec une marge nettement enroulée de 5,5 à 9 cm en moyenne, à l’exception de 2 spécimens, l’un de 12 cm., l’autre de 12,5. La cuticule était couverte de sable et d’humus, ce qui rend difficile l’observation de l’aspect et de la couleur de celle-ci. Aussi, lors de la première récolte, j’ai lavé, dans une propriété voisine où je travaillais, 3 exemplaires que j’ai laissés ensuite bien se ressuyer. Le soir, je déterminais l’espèce et téléphonais à mon collègue Gilbert Ouvrard qui m’orientait vers la variété occidentalis.
La cuticule des 3 exemplaires lavés était grisâtre, glabre, brunissant légèrement, en raison des frottements effectués lors du nettoyage, avec des colorations mauve lilacin nettement plus prononcées vers la marge.
Lames : Très serrées, fines, émarginées, d’un beau jaune assez pâle mais nettement plus prononcé chez les exemplaires lavés.
Stipe : 5-8 cm x 2-4 cm, plein et ferme d’un blanc sale brunissant légèrement à la manipulation, avec la présence de quelques rhizoïdes. Lors de la première récolte, trois exemplaires présentaient un stipe nettement bulbeux.
Chair : assez épaisse, environ 2,5 à 3 fois l’épaisseur des lames, blanchâtre brunissante. Une odeur farineuse se dégage surtout sur un exemplaire cassé lors de la récolte, nettement moins perceptible sur les exemplaires entiers puis, celle-ci a tendance à disparaître et à devenir plus fongique et terreuse avec des relents raphanoïdes.
Spores : 5-6 x 3,5-4 µm. elliptiques à subglobuleuses avec un petit apicule.
Remarques :
Cette belle espèce, très tardive, ou très précoce, serait à rechercher dans son habitat bien spécifique (milieu sableux et sous cyprès) car elle doit être plus souvent présente dans des stations analogues à celles que nous avons découvertes sur notre littoral.
Bon M., 1988. – Flore mycologique du littoral. Doc. Mycol. 19 (74) : 62-64.
Bon M., 1994. – Deux Lyophylloideae intéressantes et le genre Gerhardtia st. et nom. Nov. Doc. Mycol., 24 (93) : 65-68.
Bon, M., 1999. – Les collybio-marasmioïdes et ressemblants. (Ordre des Tricholomataceae). (Sous-ordre Collybiineae). Flore mycologique d’Europe.5. Doc. Mycol., Mémoire Hors Série n° 5, Amiens, 171 pages.
Riousset, L., 1994 – Calocybe hypoxantha (Josserand & Riousset) Bon. Bull. Fédér. Assoc. Mycol. Médit. n° 5 :44-46.
Cahiers Mycologiques Nantais N° 19 – juin 2007
SARCODON GLAUCOPUS, détermination difficile
Gilbert OUVRARD - 33, rue des Babeaux - 44150 SAINT-G?R?ON
gilbert.ouvrard@orange.fr
Résumé : L’auteur fait part ici des difficultés qu’il a rencontrées pour déterminer correctement ce champignon et de l’obligation de faire rapidement après la cueillette une fiche de description macroscopique pour noter les éléments fugaces : couleurs, odeur, saveur…
Mots Clé : Basidiomycota, Thelephorales, Bankeraceae, Sarcodon, Sarcodon martioflavus, Sarcodon glaucopus.
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Récolte le 7 janvier 2007, à Pénestin (56), (MEN 1022A), sous pins maritimes et chênes verts, 1 exemplaire âgé, 2 autres en état avancé, laissés sur place, leg. Bernard FR?CHET.
Fructification stipitée, assez irrégulière, ± concrescente (le pied se divise rapidement pour faire l’ébauche de 3-4 carpophores, qui se rejoignent finalement pour n’en former qu’un seul).
Chapeau 10-15 cm, de forme grossièrement arrondie-ovalisée, aplani, ondulé-bosselé, avec le centre légèrement déprimé.
Revêtement piléique lisse, sur lequel se dessine par endroits un début de diffraction formant des écailles apprimées assez larges. Cette surface marron rougeâtre s’éclaircissant en séchant est finement veloutée, un peu comme une peau de daim usagée, dont elle rappelle la couleur, en |