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Cahiers Mycologiques Nantais N° 19 – juin 2007

 

L’A. M. O., 1952-2007,

une longue marche tranquille

 

Jacques Péger – 16 Rue Charles Dickens – 44800 Saint-Herblain

 

 

Les gens heureux n’ont pas d’histoires, dit l’adage. En va-t-il de même pour les personnes morales ? Somme toute, c’est assez probable si l’on considère que ce sont les êtres composant la communauté qui la font perdurer ou qui en consomment la rupture.

Au moins ont-ils un passé en commun ; et lorsque ce passé, jour après jour, année après année, prend de l’âge, on se prête à croire que, statistiquement, il est chargé d’évènements marquants, de secousses et de félicités.

Lorsque voici quelque temps, on m’a suggéré de relater ces pages de l’AMO, pour son cinquantenaire révolu, je pensais qu’en effet, il y aurait beaucoup à écrire. A cette fin, j’ai consulté quelques-uns des nôtres, parmi les plus anciens, en vue de recueillir leurs témoignages. Cela fait, force m’a été de constater que notre association a vécu dans un confort plutôt tranquille et que rien d’alarmant n’est survenu pour fragiliser sa dynamique interne. Certes, quelques nuages, ici et là, sont venus voiler son ciel, mais aussi de grandes embellies pour activer son rayonnement.

En définitive, la vie de l’AMO ressemble à une longue marche tranquille, sur un parcours jalonné de rencontres, de trouvailles, de surprises, avec des étapes, des relais, des espérances, et pour certains adeptes, une manière de quête initiatique vers la transcendance, pierre philosophale de l’univers fongique.

 

* * * * *

Tout a commencé par la volonté d’un homme qui était passionné par les champignons : Roger ASTIC. Avec le concours d’un petit groupe, il décida de la création de l’Association Mycologique de l’Ouest (l’AMO). Il déposa donc des statuts, lesquels sont toujours d’actualité, et l’AMO eut son état civil publié au Journal Officiel le 24 septembre 1952.

 

R. ASTIC était un homme, petit par la taille, mais pétri de qualités. Né à Vannes en 1901, rue Bonaparte, il y avait en lui quelque chose de l’illustre personnage historique.

Herboriste de son état, dans le quartier des Batignolles à Nantes, il tenait avec sa femme un commerce de droguerie-herboristerie quand éclata la dernière guerre. Au lendemain du célèbre appel de Londres, il entrait dans la résistance sous le pseudonyme de « coprinus », nom qu’il donna d’ailleurs, plus tard, à la maison qu’il fit construire à Carquefou, commune jouxtant la ville de Nantes. Arrêté en janvier 1943, à la suite d’on ne sait quelle dénonciation, il fut, après bien des péripéties, déporté dans l’Allemagne nazie à Dachau, Dora, Buchenwald.

 

Il me revient cette anecdote, contée par lui, où évoquant la malnutrition dont souffraient les prisonniers dans ces camps, il vit un jour où ils étaient en colonne, des coprins poussant abondamment le long d’une route. Deux soldats de la Wehrmacht surveillaient, en tête et en queue de colonne.

Très attiré par les champignons, il parvint à faire comprendre son intérêt à l’une des sentinelles qui l’autorisa à faire sa cueillette ; mais à l’autre bout, le second soldat croyant avoir affaire à une évasion, fit feu aussitôt sur notre homme. Il en réchappa grâce aux cris du premier soldat et put ainsi faire une dégustation de coprins crus.

R. ASTIC revint, à la libération, dans ses foyers, où il reprit ses activités antérieures.

Je l’ai assez bien connu et, pour avoir fréquenté une personne appartenant au même réseau dans la Résistance, j’ai compris qu’il faisait l’unanimité.

Il émanait en effet, de cet homme au moral bien trempé, un rayonnement, un charisme qui forçait le respect. Tant par le verbe, le maintien, que par ses actes, il s’imposait à tous comme un leader, un meneur au sens noble. Son autorité cependant était empreinte de bienveillance, de générosité et, toujours, il faisait montre d’une courtoisie qui ajoutait à sa notoriété. Son sens de l’honneur, et aussi des honneurs, il l’a toujours montré dans sa conduite, notamment celle de l’AMO.

Sa fierté trouva l’une de ses récompenses quand lui fut décernée la Légion d’Honneur le 21 février 1963. En outre, une rue de la Ville de Nantes porte son nom.

Le 23 décembre 1989, il s’éteignait chez lui presque dans l’oubli, pour des raisons que nous tairons par déférence pour ses proches.

Il est toujours dans nos mémoires et nous lui rendons, ici encore, l’hommage qu’il mérite pour sa vie et son œuvre.

 

 

La première décennie :

 

 

Lorsqu’il fonda l’AMO, le Président ASTIC était entouré d’un tout petit groupe, lequel organisait ses réunions au Café de l’Europe, place du Commerce à Nantes.

A cette époque, on comptait 35 membres cotisants. Le trésorier était R. NICOULAUD, le secrétaire nous est resté inconnu. Très vite, les effectifs augmentèrent, notamment avec une vingtaine de pharmaciens de Nantes et des communes environnantes.

Nous savons que R. ASTIC tenait en méfiance les pharmaciens dont il jalousait secrètement le statut social*, mais il avait compris que leur présence conférait une légitimité à l’AMO, tout en tenant solidement les rênes de sa présidence.

 

(*) Voir les cahiers mycologiques n° 2 de Juin 1990.

Au fil des ans, il élargit ses démarches, vers la Presse, les milieux médicaux (nombre de médecins et vétérinaires deviennent adhérents), les responsables d’Administrations, les corps constitués (Armée, Gendarmerie, …), la Faculté de Pharmacie, le corps des Sapeurs-Pompiers, etc… Beaucoup sont nommés présidents et membres d’honneur. L’AMO s’étant étoffée par le nombre, des réunions d’initiation et des diaporamas sont organisés dans les locaux du Syndicat de la Coiffure, rue d’Alger. Puis, les premières expositions sont présentées au public dans l’Orangerie du Jardin des Plantes.

Par ailleurs des sorties mycologiques sont proposées aux membres en même temps qu’au public. L’audience de l’AMO s’affirme et, à la fin de 1962, on dénombre 158 sociétaires cotisants.

C’est vers cette époque qu’une section de l’AMO se crée à CHOLET (49), laquelle vécut quelques turbulences internes, assez vite résorbées toutefois ; aujourd’hui, cette section jouit d’une vitalité exemplaire.

 

1973 – 1974, l’essor :

 

Ces douze années-là sont celles qui, à mon sens, ont scellé les assises de l’AMO.

D’abord par le nombre d’adhérents qui, de 158 à la fin 1962, passe à 339 membres en 1968 puis à 391 en 1973.

Ensuite, parce que 1963 est une date charnière où des personnages-clés marqueront de leur empreinte  leur passage aux responsabilités; outre le président ASTIC, sont nommés :

- secrétaire général : M. Antoine GAUTIER

- trésorier                : M. Gabriel VANNERAUD.

 

Les finances « tombaient » en des mains expertes. Quant à A. GAUTIER, bien trop tôt disparu en juin 1973, il n’avait pas son pareil pour présenter des séries de diapositives agrémentées d’une musique toujours choisie ; ses «  fondus enchaînés », comme il disait, ont enchanté des générations de mycologues débutants et aguerris, voire de simples amateurs.

C’est ainsi qu’en ce temps-là, où les saisons étaient « normales », où la voiture n’était pas encore démocratisée, bien des amateurs-casseroleurs prenaient plaisir à profiter des sorties organisées par l’AMO dans diverses forêts. Les plus anciens d’entre nous se souviennent des dimanches en forêt du Gâvre, notamment, où trois cars affrétés par l’AMO (les transports ALLAIRE de Machecoul) partaient du cœur de Nantes, à 7h 00 du matin, avec leurs passagers équipés de bottes, cirés, paniers et casse-croûtes, nombre d’entre eux munis en plus de manuels de mycologie. Il régnait une festive ambiance pendant les transports. C’était toutefois la corvée pour le trésorier qui devait aller encaisser la quote-part individuelle du coût du transport, l’AMO assumant l’autre part de la dépense.

J’ai le souvenir de cette joyeuse bande qui joignait l’utile à l’agréable en vivant ces sorties avec un enthousiasme qui se révélait jusque dans leurs casseroles. L’un de ces dimanches, l’équipe mettait à petit feu des récipients qui affichaient : homard à l’Armoricaine (par atavisme breton peut-être) et blanquette

de veau aux… champignons, comme il se doit, le tout assorti de bouteilles en attente dans les fougères fraîches.

Qui n’a pas en mémoire ces tris des cueillettes – ils duraient près de deux heures – chez « la Mère SURGET », à la Maillardais, près du Gâvre, le long du mur de sa buvette ? Les odeurs de galettes et de cidre se mêlaient abondamment à celles des champignons !

Ce fut vers cette fin de période (ou peu après) que de nombreux jeunes talents intégrèrent les rangs de l’AMO : C. BEAUVAIS †, M. BENETEAU, C CHARBONNEAU †, M. DESLANDES, R. GLUARD, , R. HERVÉ, G. OUVRARD, R. SIMON, … plusieurs d’entre eux sont toujours parmi nous ; ils ont apporté leur dévouement inépuisable à la cause qui les passionne.

C’est également la période pendant laquelle nos réunions furent soumises à des déplacements successifs ; de la rue d’Alger, nous allâmes ici et là, selon les disponibilités de la Ville de Nantes qui nous octroyait des locaux, à titre gracieux. Nos activités s’étoffèrent et, grâce à C. BEAUVAIS qui travaillait à l’imprimerie de la Ville, les adhérents reçurent désormais les programmes des sorties et les comptes rendus de réunions.

L’exposition annuelle change aussi d’espace ; de l’Orangerie du Jardin des Plantes, devenue un peu exiguë, nous présentons notre salon annuel dans des locaux de l’ancien Champ de Mars (aujourd’hui disparu) puis, c’est l’avènement du Parc des Expositions de la Beaujoire.

Dès la première année, en 1971, c’est un plébiscite ; par milliers, les visiteurs font la queue pour entrer dans notre salon qui devient une manifestation incontournable pour nombre de nantais. Nos inaugurations, sous la houlette du président ASTIC, se déroulent dans un faste jamais atteint jusqu’alors. On reçoit le Tout-Nantes portant costumes stricts et tenues militaires aux épaulettes chargées de barrettes. Les discours sont précédés d’un divertissement musical exécuté, tantôt par tel ou tel bagad, tantôt par les sonneurs en grande livrée de chasse de diverses confréries… Nous eûmes, à l’occasion, la venue des Reines de Nantes (reines de la mi-Carême) avec le Roi Carnaval. Il faut savoir que l’une des petites-filles de R. ASTIC fut l’une de ces reines.

Et que dire du vin d’honneur où des plateaux de canapés somptueusement préparés par les mains adroites de quelques épouses circulaient en s’offrant aux bouches gourmandes ; les vins du terroir ponctuaient ces soirées de belle convivialité.

L’AMO avait pris une autre dimension en s’installant dans une croisière pérenne. Alors survint ce mini séisme qui ébranla les superstructures du bâtiment, l’évènement qui fit chanceler notre groupement. Nous étions en décembre 1974 : le président fondateur envoie sa lettre de démission…

 

1975-2000, l’âge d’or :

 

La démission du président ASTIC, forcément, provoque un retentissement ressenti par tout l’édifice. Elle fut, selon ce que mes confrères d’alors et moi-même avons vécu, la conséquence d’un fait relativement anodin, d’un malentendu, d’un quiproquo, R. ASTIC ayant perçu que l’une de ses initiatives rencontrait une remise en cause de son autorité. L’homme était fier. En dépit d’une requête collégiale du Conseil d’Administration, il ne revînt jamais sur sa décision.

Que pouvions-nous faire mieux que le nommer Président d’honneur ? Ce qui advint en 1975. Nous le revîmes parfois les années suivantes lors de notre salon à la Beaujoire.

Nous décidâmes donc, début 1975, de redistribuer les rôles dans le Conseil :

 

- G. VANNERAUD devient président ; il sera, durant ses 23 années de présidence, la seconde grande pointure de l’AMO, parfait continuateur de l’œuvre fondée par R. ASTIC.

- J. GOIX, prend la place de trésorier, tâche qu’il aura accomplie avec un souci de l’exactitude, une précision dans la minutie jusqu’à la fin de 1994 ; vingt ans de bons et loyaux services unanimement appréciés. Il mérite aussi des hommages.

- C. BEAUVAIS est, quant à lui, confirmé dans sa charge de secrétaire qu’il assumait depuis le décès de A. GAUTIER.

C’est ainsi que l’AMO devait entamer l’ère qui allait lui conférer une reconnaissance des plus hauts milieux de la mycologie.

Au cours de cette même année 1975 sera créée la deuxième section de l’AMO, à Boussay, petite commune sise à l’extrême sud-est de la Loire-Atlantique.

Pendant quelques années, l’AMO file tranquillement sur son erre, sans à-coups, forte de ses adhérents dont le nombre reste au plus haut. Les sorties sont toujours organisées dans les forêts, pour la plupart privées, sans que nous rencontrions de difficultés pour obtenir les autorisations, notamment en forêt dite « d’Ancenis » sur la commune de Riaillé, à propos de laquelle on m’a relaté cette anecdote :

« Un dimanche de belle facture par son ensoleillement, deux de nos aimables consœurs s’en revenaient par l’allée principale traversant la forêt, chacune portant un panier où trônaient quelques beaux spécimens de B. aereus ; ce faisant, elles rencontrent un promeneur qui, après une salutation d’usage, s’extasia : - Oh ! les beaux champignons ; c’est quoi au juste ? Et l’une d’elles de répondre promptement : - Ah! ça, monsieur, ce sont des têtes de nègre… pour aussitôt rougir de confusion en s’apercevant que son interlocuteur était un homme de couleur. Aux excuses aussitôt formulées, il répondit avec un large sourire ».

D’autres jeunes talents rejoignent nos rangs : C. BERGER, P. DELAUNAY, C. MAILLARD, G. MABON. Tous ont intégré le Conseil d’administration, leur inusable engagement a fait gravir de nombreuses marches à l’AMO.

En 1980, se produisit un évènement banal en soi, mais qui eut une résonance dont l’écho persiste encore. Aucun d’entre nous n’avait jamais participé à une session annuelle de la S.M.F. Chaque année, le président VANNERAUD faisait un appel à candidature. Or, cette fois-là, nous fûmes trois à consentir à l’aventure. Le congrès avait lieu à Grenoble ; nous partîmes comme prévu : Claude BERGER, Max DESLANDE et moi-même.

Dans un cadre touristique et ensoleillé, nous fûmes tous trois impressionnés par ce que nous découvrions. Lors du retour en train, nous évoquâmes longuement nos impressions, conscients du fossé qui nous séparait dans nos pratiques de mycologie locale et celles des mycologues chevronnés que nous avions côtoyés pendant une semaine. Nous en fîmes un compte rendu aussi clair que possible en insistant sur la nécessité pour notre association d’élargir sa vision de la mycologie.

 

La décennie 1980 fut, à ce titre et sans aucun doute, celle qui aura définitivement propulsé l’AMO dans la sphère des milieux mycologiques reconnus nationalement.

Plusieurs d’entre nous assistent désormais aux sessions annuelles de la S.M.F. et participent également à des séminaires organisés ici ou là. On s’équipe (microscopes, réactifs, monographies…) on rencontre, on échange avec des mycologues de renom, bref, on étudie enfin nos récoltes.

Notre salon annuel, toujours à la Beaujoire, se peaufine et devient ce qui se fait de mieux en France (aux dires des plus avertis) grâce à l’espace de 1500m2 qui nous est alloué.

C’est d’ailleurs peu après, en 1982, que nous convions d’illustres mycologues, lors de nos expositions d’automne, à venir découvrir notre prestation ; ainsi, parmi les plus illustres, avons-nous eu le plaisir d’accueillir, à plusieurs reprises, H. ROMAGNESI, J. MELOT, H. MESPLEDE et Madame. Leurs éloges nous confortèrent dans la démarche que nous avions entreprise pour présenter au public une exposition d’excellence.

Sans doute doit-on à cette initiative d’avoir été retenus pour prendre en charge le congrès annuel de la SMF en 1985, mémorable par la sécheresse qui, hélas, affecta notre contrée cette année-là. Nous savons néanmoins que notre organisation fit belle impression ; on en parla longtemps en termes flatteurs.

Parallèlement, notre bibliothèque s’élargit, par l’achat de tout, ou presque, ce qui s’écrit sur les champignons ; il est vrai que la littérature, en la matière, prend une ampleur qui ne s’est pas démentie depuis. Nous vendons de plus en plus de livres lors de nos salons, ainsi qu’à nos adhérents. Il en résulte que nous enrichissons ainsi régulièrement nos rayonnages grâce à la remise gratuite d’un ou plusieurs ouvrages. Nous devons cette pratique intelligente à notre bibliothécaire, Janine. AMARGER, douée d’un sens exceptionnel du commerce et infatigable interlocutrice des auteurs et maisons d’édition, tant en France qu’à l’Etranger.

En 1987, une troisième section de l’AMO, initiée par R. CHEREAU, notre président actuel, est créée au Sud-Loire ; c’est notre section « du Pays de Retz ». Sous sa direction, cette section trouve rapidement ses marques et, comme celles de CHOLET et BOUSSAY, organise son exposition annuelle dans diverses communes de son aire d’influence.

 

Nous nous heurtons tous, désormais, au phénomène de dérégulation climatique, avec des étés qui se prolongent, sans pluies ou presque, ce qui nous contraint à monter de véritables expéditions, souvent très loin, là ou selon quelques informations recueillies, des précipitations ont provoqué des pousses. Ce fut le cas lors des automnes 1989 et 1990, et ceux d’entre nous qui en furent les acteurs s’en souviennent toujours.

Dans les mêmes temps, à l’automne 1988 précisément, je suggérais au président VANNERAUD que nous pourrions nous grandir en éditant un fascicule traitant des champignons et des activités de l’AMO. L’idée plut et c’est ainsi que naquirent nos « Cahiers Mycologiques Nantais » dont l’intérêt s’est affirmé, au fil des années, chez nos homologues, jusque hors de nos frontières. Par voie d’échanges, nous étoffons nos bases d’informations avec des publications de sociétés françaises et des pays frontaliers.

Dans cette première moitié de la décennie 1990, notre audience atteint son apogée avec plus de 400 adhérents.

La fin de siècle, couronnera maintes entreprises de l’AMO. En effet, nous nous impliquons dans plusieurs démarches d’envergure :

 

- l’inventaire national des mycota français, sous l’égide de R. COURTECUISSE,

- le programme RENECOFOR (Réseau national de suivi des écosystèmes forestiers) avec le concours de l’ONF. Deux des nôtres, G. MABON et G. OUVRARD, sont retenus pour suivre une placette de 2 ha, en forêt du Gâvre, isolée afin d’être soustraite à la pression anthropique.

-   la liste rouge des espèces menacées ou en voie de disparition, sous la houlette de J. MORNAND.

-   la coordination nationale des sociétés et groupements mycologiques français (délégué de l’AMO : G. MABON)

 

Nous avons par ailleurs entrepris et réalisé l’inventaire de la flore fongique en forêt de Juigné-les-Moutiers (toujours disponible) pour laquelle nous avions des recensements avec suffisamment d’années de recul.

 

Le dynamisme reconnu de l’AMO conduisit les responsables de la SMF à nous solliciter pour organiser un 2ème congrès à Nantes ; il eut lieu en 1997, année un peu plus propice que 1985 quant aux poussées, mais cependant pas aussi riche que nous l’espérions.

En début de 1995,nous sommes conduits à remanier le bureau par suite de la démission de notre trésorier, J. GOIX, pour convenance personnelle. Durant une année, sorte d’intérim, Josiane LHERMITTE tiendra les cordons de la bourse puis, Christiane GUILLARD lui succédera dès 1996, avec le même dévouement que celui de ses prédécesseurs. Le poste de secrétaire assuré depuis plus de vingt ans par C. BEAUVAIS sera ensuite dévolu A. RAIMBAULT encore titulaire du poste aujourd’hui.

Deux autres garçons doués, chercheurs infatigables et passionnés, P. RIBOLLET et B. FRECHET, sont venus renforcer nos rangs en rejoignant le conseil d’administration.

En somme, tout va bien dans le meilleur des mondes mycologiques, lorsque nous apprenons l’implacable maladie qui frappe le président G. VANNERAUD. On comprend, dès lors, qu’il souhaite passer la main ; en 1998, je lui succède à cette responsabilité, sans en avoir jamais brigué l’honneur.

Et ce moment redouté de la disparition du président VANNERAUD nous frappa, plus tôt que nous ne l’appréhendions, le 11 décembre 1999. L’AMO se mit en deuil et porte toujours un crêpe sur sa mémoire collective.

 

L’AMO dans le nouveau siècle :

 

Aujourd’hui, Madame G. VANNERAUD est devenue notre Présidente d’Honneur ; nous en sommes fiers.

 

Nous sommes donc entrés dans le troisième millénaire, un peu orphelins, mais avec la même ferveur que mirent nos éminents prédécesseurs pour impulser à l’AMO une vitalité soutenue. A cet égard, bien qu’il soit impossible de les citer exhaustivement, je voudrais rendre un hommage appuyé à quelques-uns des nôtres, aujourd’hui disparus, mais qui ont été les artisans dévoués dans la trajectoire  de  l’AMO,    ils   ont  laissé  leur  empreinte, tous membres du CA : F. LEFEUVRE, P. BOURDET, M. DOUILLARD, C. LAGADEC et C. BEAUVAIS… je n’aurai garde d’oublier toutes les épouses qui, dans l’ombre, ont épaulé leurs maris respectifs avec une efficacité qui forçait l’admiration. Ils ont beaucoup donné, ils méritent notre reconnaissance, ainsi que tous ceux, si nombreux, auxquels on doit l’épanouissement de notre association.

En février 2002, poussé par d’autres activités dévoreuses de temps et compte tenu des sujétions d’astreintes liées à la présidence, je demandais à mes collègues de me nommer un successeur ; cela se fit en la personne de R. CHEREAU lequel, au seuil de la retraite de sa vie professionnelle, consentit à présenter sa candidature. Toujours en poste aujourd’hui, il a révélé une remarquable qualité de gestionnaire ; son dynamisme, sa disponibilité, sa perception acérée de l’essentiel sont garants de la bonne continuité de l’AMO.

 

Nous sommes aujourd’hui en vitesse de croisière ; tantôt ici, tantôt là, nous infléchissons ou élargissons nos pratiques, afin de nous adapter aux immanquables évolutions de la modernité comme, par exemple, notre nouvel équipement informatique pour la vidéo.

C’est encore ainsi que nous fûmes conduits à modifier, en 2002, nos modalités d’organisation du Salon d’automne. Deux raisons concordantes nous poussèrent au changement :

- ce fut d’abord le double constat, d’une part du décalage de saison, pour notre région, où les pousses ne se déclenchent (sauf exception) que dans la seconde moitié d’octobre, et, d’autre part, de notre inexorable chute d’audience du public, ceci expliquant cela, avec la perte des droits d’entrée qui en découle,

- ensuite, la proposition de la Société d’Economie mixte qui gère la Beaujoire de nous insérer dans le salon multiforme dit « Les automnales », en début novembre chaque année, à titre gratuit mais évidemment avec l’abandon des droits d’entrée.

 

Comme les locaux, avant cela, nous étaient loués fort cher et que nous ne rentrions plus dans nos frais, l’idée était tentante. Le CA l’adopta finalement et, à l’expérience, s’en félicite car, ce faisant, nous recevons des visiteurs « neufs » qui découvrent les champignons et se montrent souvent très intéressés.

Tout récemment, la Coordination des Associations Mycologiques de l’Ouest (CAMO) vient de se commuer en Fédération (FAMO) avec des statuts approuvés et en cours de publication au J.O. Des pages lui sont consacrées à l’intérieur des présents Cahiers.

L’AMO était pressentie pour être le pivot, la pierre angulaire de la toute neuve fédération. Nous y avons consenti. C’est une page différente de notre association qui est en train de s’écrire.

Nous allons nous trouver là en face d’une autre responsabilité, conscients que cette nouvelle marque de confiance mobilisera nos forces ; nous y sommes prêts, nous l’assumerons, nous l’assumons déjà.

 

* * * * *

 

Pour écrire ces pages, il m’est apparu nécessaire de relater la chronologie des principaux évènements, des étapes essentielles qui ont rythmé la vie de notre association en éludant forcément tout ce que le travail de compilation révélait de superflu ou de faits mineurs. Ce n’est donc pas une narration exhaustive qui eut nécessité toutes les pages, au moins, des présents Cahiers.

En outre, la tâche fut malaisée en raison d’une absence quasi-totale d’archives, celles-ci ayant définitivement disparues avec le président ASTIC, à son domicile qui était le siège de l’AMO.

Ceux de nos adhérents qui n’ont pas connu l’AMO d’autrefois pourront cependant, à travers ces lignes, avoir une idée de sa progression dans le temps.

Nos effectifs, dans une variation annuelle de faible ampleur, sont stabilisés sur le nombre de 350. Notre action s’est par contre décuplée en efficacité, par l’évolution de nos propres connaissances, la qualité de présentation de nos salons d’automne, la richesse de notre bibliothèque, nos engagements dans diverses instances et par l’accroissement continu des sollicitations, de tous horizons, pour accompagner des groupements de néophytes dans leur soif de connaître…

Tout cela a des résonances, tout cela est apprécié. C’est ainsi que l’AMO

est pressentie pour organiser un autre congrès national de la SMF – le 3ème en 24 ans – à l’automne 2009.

Vous aurez noté que je cite souvent les noms des uns et des autres en usant de termes élogieux. C’est que tout simplement, je ressens un vrai sentiment d’admiration à leur égard. Ils ont tous contribué à l’essor de l’AMO, chacun à sa manière, en donnant le meilleur d’eux-mêmes, parfois avec abnégation, mus par un semblable enthousiasme pour appréhender les questions de la mycologie, un souci analogue de créativité, une commune envie d’entreprendre et réussir. Leur contribution fut et demeure un exemple.

 

 

 

20  avril 2007

 

 

 

 

A.M.O. 1952 & 2007
© 2009 R.Chereau